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Author Topic: L'Union africaine rejette la proposition du G4 et d'Obasanjo  (Read 2048 times)
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« on: August 08, 2005, 03:06:40 PM »

Source: La Tribune (Alger)
5 Août 2005

La Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) s'est réunie jeudi en session extraordinaire à Addis-Abeba pour étudier et adopter une position concernant la réforme de l'ONU en général et celle du Conseil de sécurité en particulier.

La proposition d'Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine, de rejoindre la proposition du G4 (Allemagne, Brésil, Japon et Inde, NDLR) n'a pas été retenue par le sommet extraordinaire. Ce dernier a réaffirmé avec force la pertinence et la validité des décisions du sommet de l'UA de Syrte.

Depuis la parution, en décembre dernier, du rapport pour la réforme des Nations unies, de nombreux pays membres des Nations unies et en particulier ceux appartenant au continent africain se sont beaucoup investis dans la recherche d'alliances pour faire valoir leur point de vue et fédérer le maximum d'Etats membres de l'ONU autour de leurs revendications. Ce rapport suggère un élargissement du Conseil de sécurité à 25 Etats membres et octroie dans l'une de ses formules deux sièges permanents sans droit de veto et deux sièges supplémentaires non permanents au continent africain. Mais à Syrte, en juillet dernier, lors de la session ordinaire, la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement, se fondant sur la décision de Harare, a réaffirmé avec détermination sa revendication de deux sièges permanents pour l'Afrique avec toutes les prérogatives et les droits dévolus aux actuels membres permanents.

C'est dans un contexte marqué par une volonté de certains Etats membres, dont le Nigeria, d'amener l'Afrique au projet de résolution du G4 par la renonciation à cette revendication majeure de l'Afrique que s'est tenue jeudi, à Addis-Abeba, la session extraordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA.

Ainsi, "le sommet extraordinaire des chefs d'Etat africains a ratifié la position africaine prise à Syrte, en Libye", a indiqué Desmond Orjiako, porte-parole de l'UA, dans une déclaration à la presse. Plus de 90% des représentants de 46 des 53 pays membres de l'UA ont voté en faveur de la décision de l'organisation panafricaine, celle de refuser toute réforme du Conseil de sécurité qui n'augmente pas le nombre de sièges disposant du droit de veto, a-t-il précisé. La position algérienne a toujours été de s'en tenir au consensus de Syrte. Ainsi, Ahmed ouyahia, chef du gouvernement et représentant de l'Algérie au sommet extraordinaire, a déclaré qu'il était nécessaire pour l'UA de respecter le "consensus difficilement atteint" à Syrte. Ahmed Ouyahia a rappelé la position algérienne sur cette question telle qu'exprimée par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Il a rappelé que, pour l'Algérie, "l'ordre normal des choses aurait voulu que les négociations ainsi entamées avec les autres groupes régionaux et d'autres parties prenantes n'achoppent pas sur le premier écueil venu puisque nous savions tous combien cet exercice est complexe du fait des enjeux qu'il recèle". Le chef du gouvernement soulignera que l'Algérie "a, dès le début de ce processus, particulièrement insisté sur la nécessité de tout mettre en oeuvre pour préserver l'unité et la cohésion africaines, seuls atouts à même d'asseoir notre crédibilité et de renforcer notre influence ainsi que notre capacité collective à nous faire entendre et à apparaître aptes à nous acquitter des importantes responsabilités de maintien de la paix et de la sécurité internationales". Il a affirmé que "l'Algérie n'a eu de cesse de dénoncer les dangers recelés par les schémas réducteurs de recomposition du Conseil de sécurité et de faire valoir qu'ils étaient potentiellement générateurs de tensions et de divisions y compris en Afrique, parce qu'ils ne satisfaisaient qu'une minorité de pays et marginaliseraient forcément la majorité".

L'Algérie "est aussi préoccupée par la lenteur de la progression de l'examen des autres domaines de la réforme et appelle à un recentrage de l'intérêt sur les véritables et pressantes priorités qui figurent à l'ordre du jour du Sommet des Nations unies de septembre prochain", a poursuivi M. Ouyahia en citant parmi les points en relation avec la réforme globale du système des Nations unies les "enjeux réels constitués par le développement, la lutte contre la pauvreté, les pandémies et l'analphabétisme", ainsi que "le fossé technologique et autres maux et retards qui affectent le quotidien" des peuples africains. "Il importe avant tout que l'Afrique s'investisse pour que prévale enfin une vision authentiquement multilatérale des relations internationales", a-t-il affirmé.

La position de l'Algérie a été largement soutenue par la plupart des chefs de délégations des Etats membres de l'UA. Le consensus qui s'est dégagé de cette journée de débats conforte la revendication par l'Afrique de deux sièges permanents avec droit de veto et de cinq sièges non permanents dans le cadre d'un éventuel élargissement du Conseil de sécurité de l'ONU.
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