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Author Topic: Mauritanie : retour au calme après le putsch militaire  (Read 2620 times)
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pat_togo
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« on: August 08, 2005, 03:01:10 PM »

Coup d'État contre Maouya Ould Sid Ahmed Taya : La Mauritanie sous le contrôle d'un Conseil militaire pour la justice et la démocratie

Source: Le Soleil (Dakar)
4 Août 2005

 En cette matinée de mercredi 3 août, les populations de Nouakchott, la capitale mauritanienne, se sont réveillées dans la confusion. Beaucoup de personnes, sur le chemin de leur travail, ont dû rebrousser chemin. D'autres, par réalisme, ont préféré ne pas quitter leurs maisons. C'est parce que les principales artères de la ville sont quadrillées par des soldats lourdement armés qui interdisent l'accès à tout le monde.

C'est dans cette ambiance que la rue s'est vidée, les principaux marchés fermés et la radio nationale a cessé d'émettre. Les rares attroupements sont dispersés et commencent alors les premiers commentaires. Si certains, vers 9 heures dans la matinée d'hier, invoquaient des rumeurs de coup d'Etat, d'autres se refusaient à confirmer en l'absence de toute « réaction officielle ». Ce qui est sûr par contre, c'est que plusieurs responsables d'hôtels ont recommandé à leurs clients d'être prudents et de ne pas sortir. Des manifestations devant se dérouler dans certains hôtels ont dû être suspendues par mesure de prudence. En tout cas jusqu'à 13 heures 30 hier, personne n'avait revendiqué l'opération effectuée en l'absence du président Maaouya Oud Sid Ahmed Taya qui, depuis lundi, avait quitté Nouakchott pour participer aux obsèques du Roi Fahd d'Arabie Saoudite. Peu avant 14 heures, des hauts fonctionnaires rencontrés indiquaient que le Bataillon de Sécurité Présidentielle (BASEP) contrôle totalement la situation. Mais vers 14H10, un communiqué du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie est lu à la radio nationale et à la télévision.

Pratiques totalitaires du régime déchu

Selon le communiqué, « les Forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du régime déchu dont notre peuple a tant souffert ces dernières années ». Le communiqué poursuit en estimant que « ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l'avenir du pays. Ã- cet effet, « les Forces Armées et de Sécurité ont décidé de la mise en place d'un Conseil militaire pour la justice et la démocratie ».

Ce Conseil s'engage « devant le peuple mauritanien à créer les conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement ».

Le communiqué estime que les Forces armées et de sécurité n'entendent pas exercer le pouvoir au-delà d'une période de deux ans, jugée indispensable pour la préparation et la mise en place de véritables institutions démocratiques ». Selon toujours le communiqué, « le Conseil militaire pour la justice et la démocratie s'engage enfin à respecter tous les traités et conventions internationaux ratifiés par la Mauritanie ». Après la lecture de ce communiqué, un interminable concert de klaxons s'est emparé de la ville. Ã- bord de plusieurs véhicules, les populations ont pris d'assaut les différentes artères de la ville en klaxonnant sans interruption pour manifester leur joie.

Mesures de prudence

Dans le Tevrag Zeina, l'un des plus grands quartiers résidentiels, il y avait une animation particulière avec un incessant défilé de voitures et de petits attroupements pour de longs commentaires. Dans les quartiers périphériques comme le 6e Secteur, le 5 et la Médina 3, réputés fiefs de la communauté sénégalaise, le calme règne partout durant le tour que nous y avons effectué vers 18 heures.

Selon Papa Thiam, le chauffeur de taxi qui nous y conduisait, les gens préfèrent, en de pareilles circonstances, rester chez eux pour des mesures de prudence.

Si les dernières nouvelles confirment que le président Taya se trouve actuellement à Niamey au Niger, on ne saurait être catégorique sur l'identité des dirigeants de ce coup d'Etat. Selon un confrère, correspondant d'une agence africaine d'information, « on connaît au moins trois personnes parmi les dirigeants. Ce sont Ely Ould Mohamed Vall, directeur de la Sûreté Nationale, le commandant du Bataillon de sécurité présidentielle, Mouhamed Ould Abdel Aziz, et Mouhamed Ould Zenaghi commandant de la Place militaire de Nouakchott (6ème Région). L'Union africaine a condamné ce coup d'Etat en Mauritanie, un vaste pays de plus d'un million de kilomètres carrés, habité par moins de trois millions de personnes.


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« Reply #1 on: August 08, 2005, 03:04:29 PM »

Alors que l'UA, l'UE et l'ONU condamnent le coup d'état en Mauritanie, un conseil militaire dépose le président Ould Taya

La Tribune (Algiers)
4 Août 2005

Pendant que le président mauritanien assistait aux funérailles du roi Fahd, les militaires de la garde républicaine et présidentielle mauritaniens ont procédé très tôt hier à un coup d'Etat contre le pouvoir en place. Il faut dire que, jusqu'à une heure assez avancée de la journée dans la capitale mauritanienne, tous, y compris les confrères mauritaniens que nous avons contactés, étaient dans l'impossibilité de savoir ce qui se passait exactement tant le désordre était total.

«Tout ce que je sais, nous dira via le courrier électronique Mohamed B. de l'agence de presse mauritanienne, c'est que des militaires ont occupé la radio, la télévision publique et fermé l'aéroport à tout trafic. Nous ne savons pas s'il s'agit des fidèles d'Ould Taya qui défendent la présidence ou d'un véritable coup d'Etat.» C'est en fait en milieu d'après-midi que l'information était devenue officielle.

Des militaires ont donc opéré le coup d'Etat au moment où le Président mauritanien se posait à Niamey, au Niger. Notre confrère mauritanien n'a pas pu nous dire si les autorités nigériennes lui ont accordé ou non l'asile politique. Tout ce que l'on sait, c'est ce qui est rapporté par l'Agence France presse, selon laquelle Ould Taya a atterri à Niamey au lieu de Nouakchott, l'information de troubles lui ayant été donnée par ses fidèles par téléphone. C'est vers 6h00 du matin que les putschistes ont pris en main la radio et la télévision. Cette dernière a vu son programme interrompu pour une durée illimitée, du moins jusqu'à ce que les nouveaux maîtres diffusent un communiqué indiquant qu'un conseil militaire a été mis en place, «pour la justice et la démocratie», et promettent de ne pas monopoliser le pouvoir. Ce conseil militaire a informé qu'il allait organiser des élections d'ici à deux ans et qu'il restait fidèle à toutes les conventions et traités internationaux signés par la Mauritanie. Mais pendant que les militaires prenaient le pouvoir, les rues de la capitale se vidaient au fil des heures, les citoyens fuyant les coups de feu et les tirs d'artillerie des chars postés autour de la Présidence et des points névralgiques de la capitale. Une fois le calme revenu (aucune information sur d'éventuelles victimes lors des affrontements entre loyalistes et auteurs du coup d'Etat), les putschistes ayant totalement contrôlé la situation, des manifestations émanant notamment des quartiers populaires et pauvres ont éclaté.

Des groupes de personnes sillonnaient la ville dans de véritables scènes de liesse, exprimant leur joie après la destitution du président qui avait lui-même pris le pouvoir par la force à l'issue d'un coup d'Etat militaire en 1984. Il échappera à deux tentatives de coup d'Etat, dont la dernière en date a eu lieu en juin 2003. Des centaines d'arrestations ont été opérées, notamment dans les milieux de l'armée et des changements ont été faits à la tête de l'état-major. Mais il semble que cela n'a pas servi à grand-chose puisque les opposants à Ould Taya ont bien préparé leur coup. Ils sont passés à l'action à la faveur de son déplacement en Arabie saoudite pour assister aux funérailles du roi Fahd. D'autre part, l'Union africaine a fermement condamné ce coup d'Etat et appelé au respect de la légalité constitutionnelle. L'UA avait pris une résolution en 1999 dans laquelle elle déclare ne reconnaître aucune autorité qui prendrait le pouvoir par la force. Par ailleurs, aucune information n'a filtré sur le sort de la famille du président qui, selon les informations rapportées par les journalistes sur place, a été chassée du palais présidentiel.

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