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« on: July 28, 2005, 01:41:09 AM » |
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ANTANANARIVO (AP) -- Jacques Chirac a entamé jeudi une visite officielle à Madagascar, où il s'est livré à un premier bain de foule avec son homologue malgache Marc Ravalomanana, qu'il a assuré de sa «confiance». Le président français a également évoqué le souvenir du massacre de la rébellion malgache par la puissance coloniale française en 1947. Le chef de l'Etat est arrivé dans la matinée à Mahajanga, premier port de pêche du pays situé sur le canal de Mozambique, à 600km au nord-ouest de la capitale Antananarivo. Pour la troisième visite officielle d'un président français, après le général de Gaulle en 1958 et François Mitterrand en 1990, Jacques Chirac s'est offert un bain de foule au milieu des populations locales, d'ethnie Sakalava, en compagnie de Marc Ravalomanana. Il a ensuite assisté à la pose de la première pierre de la réhabilitation du marché de Marolaka, financée par l'Agence française de développement. «Je voulais découvrir la belle ville, chargée d'histoire, de Mahajanga», a-t-il expliqué. C'est précisément dans ce port, alors appelé Majunga, que les 15.000 hommes du corps expéditionnaire du général Duchesne débarquèrent en 1895 pour conquérir Madagascar et en faire une colonie pendant 65 ans. Après un long tête-à-tête dans un hôtel de la ville avec le président Ravalomanana, son visiteur a évoqué lors d'une conférence de presse la répression en 1947 par l'armée française d'une insurrection indépendantiste. Elle a fait, selon les sources, 15.000 à 80.000 morts. «Je considère qu'il n'y a aucune raison de ne pas tenir compte de l'histoire, de vouloir ignorer tel ou tel aspect d'une évolution. Nous devons être conscients des bons moments et des mauvais moments de nos relations et les assumer», a déclaré Jacques Chirac. Quant à Marc Ravalomanana, il a préféré se tourner vers l'avenir, soulignant qu'il était «né en 1949 et non pas en 1947». «Actuellement, nous nous concentrons sur le bien-être de la population malgache et surtout sur l'avenir de notre génération», a-t-il dit. Jacques Chirac devait évoquer ce sujet sensible pour les relations franco-malgaches dans la soirée lors d'un dîner de gala offert par la présidence malgache au palais de Iavoloha à Antananarivo. Après cette brève escale à Mahajanga, les deux chefs d'Etat ont rejoint ensemble la capitale dans l'avion du président malgache. Ils y sont arrivés en début d'après-midi, pour de nouveaux entretiens et des rencontres avec les autorités malgaches, dont le président de l'Assemblée nationale, Jean Lahaniriko, poussé à la démission il y a 48 heures par une fronde des députés du parti présidentiel majoritaire, «Tiako i Madagasikara» (J'aime Madagascar), dont il est pourtant membre. Mercredi, un nouvel accord aérien a été signé entre les deux pays, le précédent datant de 1962, juste après l'indépendance de Madagascar. Ce nouvel accord «autorise l'exploitation de la liaison aérienne entre la France et Madagascar, et vice-versa, par des compagnies tierces, désignées par l'une ou l'autre partie». Cette desserte est actuellement exclusivement assurée par deux compagnies, françaises, Air France et Corsair, et malgache, Air Madagascar. Cette ouverture du ciel malgache à plus de concurrence vise à développer le tourisme, secteur prometteur de l'économie du pays. Jacques Chirac entendait profiter de sa visite à Madagascar pour exprimer son soutien à la politique d'ouverture économique et de démocratisation menée par Marc Ravalomanana, et sceller l'amitié entre les deux pays alors que la France avait tardé à reconnaître le nouveau régime en 2002. «Les orientations sur lesquelles se fondent les autorités malgaches -décentralisation, démocratie, développement- correspondent à l'évidence à ce que l'extérieur, la communauté internationale, pense de justifié et d'utile pour Madagascar», a déclaré Jacques Chirac. «C'est pourquoi je suis parmi ceux dans la communauté internationale qui font confiance aujourd'hui à Madagascar». Le président français est escorté pour cette visite par une quinzaine de chefs d'entreprises français. Vendredi, le président français doit participer au sommet des chefs d'Etat des pays membres de la Commission de l'océan Indien (COI), avant de regagner Paris dans la soirée. AP
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